Pourquoi Montessori

S’adapter à son époque : 
« N’élevons pas nos enfants pour le monde d’aujourd’hui. Ce monde n’existera plus lorsqu’ils seront grands. Et rien ne nous permet de savoir quel monde sera le leur. Alors apprenons-leur à s’adapter » Maria Montessori dans L’esprit absorbant DDB

A l’heure où les technologies digitales changent notre manière de vivre, de travailler et même d’apprendre, cette citation témoigne de la pertinence et de l’actualité de la pensée de Maria Montessori.

L’approche Montessori offre  un enseignement personnalisé, adapté au rythme de chacun, sans notion d’avance ni de retard. Elle prend en compte le fait que chaque enfant traverse des « périodes sensibles », c’est-à-dire des moments durant lesquels il est particulièrement attiré par certains éléments de son environnement alors nécessaires à son développement.

Le plus important dans l’approche Montessori, c’est l’état d’esprit et le regard que l’on porte sur l’enfant, un regard porteur d’amour et de respect. Un rapport nouveau s’installe entre l’adulte et l’enfant, l’un est un guide, l’autre est l’acteur de ses apprentissages et de sa propre construction. C’est ce que résume la célèbre phrase: «Aide moi à faire seul».

Le vrai but est que l’enfant soit autonome, indépendant, responsable et sûr de lui. Pour y parvenir, il faut que l’enfant se sente aimé, en confiance, respecté et soutenu, de faon inconditionnelle. Il faut pour cela le regarder comme un être riche de potentiel : d’énergie, d’auto éducation, de créativité, de socialisation et d’adaptabilité.

Eduquer un enfant, ce n’est pas seulement lui transmettre des savoirs, c’est aussi cultiver sa curiosité spontanée, son désir d’explorer, de découvrir et d’apprendre.

Comment est née la méthode Montessori ?

Maria Montessori est l’une des premières femmes médecin d’Europe, née  en Italie en 1870. Elle a aussi fait des études de psychologie et de philosophie.

Durant son activité dans les services de psychiatrie de Rome, elle est s’occupé d’enfants déficients et a découvert qu’ils n’avaient aucun jeux à leur disposition, alors qu’elle était convaincue qu’ils en avaient besoin pour progresser, tout comme chacun a besoin de ses mains pour développer son intelligence. Elle a exploité les travaux de deux médecins français spécialisés pour les sourds-muets: Edouard Séguin et Jean Itard. Elle a adapté le matériel pédagogique qu’ils avaient conçu pour les enfants déficients dont elle s’occupait et a découvert que leurs besoins était moins d’ordre médical que pédagogique.

Puis elle a créé une école d’orthophrénie où elle a constaté des progrès impressionnants obtenus par des enfants déficients. Cela l’a incité à proposer le matériel qu’elle leur proposait à des enfants non porteurs de handicap.  En 1907, elle s’est occupé d’enfants normaux d’âge préscolaire, dans des quartiers défavorisés de Rome, pour lesquels et avec lesquels elle découvre et développe sa méthode pédagogique qu’elle qualifiera elle-même de scientifique, puisque basée sur l’observation et l’expérimentation.  Elle appelle cette nouvelle école La Casa dei Bambini (la maison des enfants).

En une année, plusieurs s’ouvrent en Italie, dans lesquelles Maria Montessori est amenée à former des enseignants. Elle organise des stages internationaux accueillant jusqu’à 40 nationalités différentes. Maria Montessori y forme personnellement  5000 éducateurs. Des établissements se multiplient de par le monde où elle-même est amenée à voyager beaucoup pour fuir les guerres et les régimes dictatoriaux. Elle a vécu aux Etat-Unis, en Espagne, en Indes, aux Pays-Bas.

Dans les années 20, elle participe aux échanges de la Ligue Internationale pour l’Education Nouvelle et en particulier à ses congrès lors desquels elle présente ses travaux de recherche et rencontre les autres grands pédagogues de ce mouvement.

Elle fonde l’Association Montessori Internationale (AMI) en 1929, pour préserver, propager et promouvoir les principes et les pratiques pédagogiques qu’elle a formulées en faveur  du développement harmonieux de l’être humain.

Elle a plusieurs fois été nominée au Prix Nobel de la Paix pour son livre L’éducation à la paix (DDB)

Son fils Mario Montessori a continué son œuvre jusqu’en 1982, date de son décès.

Aujourd’hui, il y a plus de 30 000 écoles Montessori sur 6 continents.

Les principes de la pédagogie Montessori

La pédagogie Montessori s’appuie sur plusieurs principes :

Le libre choix des activités, de leur durée et du lieux où on les fait (sur une table ou un tapis) ainsi que si on les fait seul ou à plusieurs

Cela favorise le respect du rythme et les intérêts de chacun. Cela développe l’autonomie dans le travail. L’objectif est que l’enfant soit satisfait de ses apprentissages et qu’il se développe selon son propre schéma de développement. Cela favorise aussi la consolidation de sa concentration. parce que l’éducateur respecte le travail de chacun, les enfants apprennent à respecter le travail des autres.

• Le respect du rythme de chacun, de l’activité individuelle et de l’apprentissage expérimental

Parce que chaque enfant apprend mieux quand c’est le bon moment pour lui, en manipulant et en répétant des activités qui lui permettent de vivre une expérimentation concrète des concepts qu’il appréhende grâce au matériel.

L’auto discipline 

On considère que placé dans un environnement qui lui est propice parce que soigneusement préparé et riche d’opportunité d’activités constructives, l’enfant apprend par lui-même en manipulant du matériel pédagogique scientifiquement élaboré. Cela développe  sa capacité à s’auto motiver et s’auto évaluer. Il est essentiel d’inciter l’enfant à se corriger par lui-même et à vivre les erreurs comme des étapes vers la réussite.

Pour mieux connaître ces principes, nous vous invitons à lire les livres de Maria Montessori ainsi que le livre de Charlotte Poussin Apprends-moi à faire seul, la pédagogie Montessori expliquée aux parents (Eyrolles 2011), qui expose clairement et simplement les fondamentaux de l’approche Montessori.

Les fondamentaux

L’esprit absorbant et les périodes sensibles

Les enfants absorbent ce qu’ils trouvent dans leur environnement; ils possèdent en eux-mêmes des facultés et des habiletés insoupçonnées. Ce sont des explorateurs naturels qui savent apprendre spontanément de leur environnement. Leur soif d’apprendre est insatiable!

Une des découvertes les plus importantes de Maria Montessori est celle des périodes sensibles de l’enfant. Ce sont des sensibilités particulières et momentanées qui existent chez les êtres en formation. Elles sont fugitives, se limitent à des acquisitions déterminées comme le langage, l’ordre, la coordination des mouvements, le raffinement des sens.

Une fois la période sensible passée, la sensibilité diminue puis cesse.  L’occasion d’une conquête naturelle est perdue. Pendant ces périodes, l’enfant apprend avec enthousiasme, voire avec passion. Il fait alors des progrès si rapides qu’ils en sont parfois stupéfiants. Le repérage des périodes sensibles est donc d’une importance essentielle. Quand l’enfant traverse une de ces périodes, c’est comme si une lumière éclairait seulement certaines choses sans éclairer les autres. C’est pour cela que Montessori favorise le libre choix dans le travail. Les enfants choisissent leurs activités  selon les périodes sensibles qu’ils traversent . Dans une ambiance Montessori, chaque enfant peut choisir son activité selon une motivation interne profonde. Comme les enfants n’ont pas tous les mêmes besoins au même moment, la mise à disposition du matériel Montessori, avec la possibilité de le choisir et de l’utiliser autant de temps qu’ils le souhaitent, permet de satisfaire leurs intérêts.

La prise en compte des étapes de développement de l’enfant pour adapter son environnement à ses besoins

L’enfant a naturellement soif d’apprendre et de grandir. Lui offrir un cadre où il peut assouvir cette soif au bon moment et développer ses intelligences est essentiel. Dans une Ecole Montessori, l’environnement est spécialement aménagé en fonction des besoins physiques et psychologiques des enfants selon leurs tranche d’âge:

Cette prise en compte des particularités de chaque âge est déterminante pour favoriser la prise de conscience de soi et des autres ainsi que la construction harmonieuse de la personnalité.

Première étape du développement :

Le Nido : 0 à 18 mois et La communauté enfantine : 18 mois à 3 ans « Apprends-moi à être moi-même »

Seconde étape du développement :

L’école élémentaire:  6 à 12 ans « Apprends-moi à penser par moi-même »

Troisième étape du développement :

Le Erdkinder : de 12 à 15 ans  « Apprends-moi à vivre avec les autres »

Les caractéristiques de la classe Montessori

1/ Un environnement préparé

Ordonné et stimulant, adapté à la taille, à la force et aux besoins des enfants, répondant à leurs besoins en respectant leurs étapes de développement. Cet environnement prend les « périodes sensibles » en compte (cf. l’onglet sur les fondamentaux). La classe comporte : le matériel Montessori à disposition et accessible aux enfants, du mobilier de bonne taille selon l’âge des enfants,  facile à déplacer, des œuvres d’art, des plantes, des animaux et… de l’espace afin que les enfants puissent aisément se déplacer et travailler sur des tapis au sol s’il le souhaitent.

2/ Du matériel pédagogique

Scientifiquement élaboré, sensoriel, isolant les difficultés pour mieux les appréhender et permettant l’autocorrection. Autre élément important: il n’y a qu’une pièce de chaque matériel dans la classe ce qui incite les enfants à collaborer, partager, attendre leur tour… L’enfant choisit, autant que faire se peut, librement son activité. Un accompagnement peut cependant être nécessaire. L’enfant manipule un matériel lorsque celui-ci lui a été présenté par une éducatrice. Une présentation est effectuée plusieurs fois si l’enfant en exprime le besoin. L’enfant peut aussi apprendre en observant ses pairs ou la présentation faire à un autre enfant. Lorsqu’il manipule le matériel, il prend son temps, réfléchit, observe. 

Ce matériel n’est pas un support pour que l’éducateur fasse une démonstration académique. Il a pour vocation de fixer l’attention de l’enfant en répondant à un besoin intérieur lié à son développement. Une fois l’attention éveillée, l’enfant manipule le matériel à loisir. Cette manipulation lui permet d’intensifier son attention et le conduit souvent à répéter son activité. Cette répétition entraîne la concentration qui rend possible un travail de structuration interne chez l’enfant. Au choix d’un matériel répondant à un besoin intérieur, va succéder le choix délibéré, fruit d’une réflexion, d’une comparaison, d’une volonté. Pour que cela soit possible, les éducatrices veillent à ce que l’activité de l’enfant puisse se dérouler sur un temps suffisamment long sans interruption de son travail.

3/ L’attitude de l’éducateur

Observateur, bienveillant, patient et à l’écoute. Il est aussi le garant d’une ambiance propice à la concentration. Il y a souvent deux éducateurs dans chaque classe, ou un éducateur et un assistant, afin de garantir le calme pour le bien-être de tous. L’éducateur présente le matériel comme il offrirait un cadeau: avec le plus grand soin. C’est comme une leçon particulière qui délivrerait un message secret. La présentation du matériel  est fondamentale car elle transmet un trésor, elle donne une clé. L’enfant explore ensuite le matériel à sa manière, découvre et apprend. L’éducateur aide l’enfant à garder une trace de ses apprentissages.

Une classe Montessori c’est aussi:

• Le mélange des âges, à l’intérieur de chacun des différents « cycles » Ce mélange est important car il suscite l’émulation, la collaboration et l’entraide. Cela stimule les plus jeunes et consolide les connaissances des plus grands. Cela développe aussi le sens social et le sens des responsabilités. La classe forme ainsi une véritable petite communauté.

 • Des tranches de travail assez longues pour permettre le développement de la concentration. C’est pourquoi les pauses récréatives sont à la fin de phase de manipulation d’au moins deux heures. Chacun trouve sa concentration à son rythme et suit un cycle de concentration qui lui est propre.

Les leçons en 3 temps, ou comment assimiler des noms en trois étapes.  (extrait d’Apprends-moi à faire seul, la pédagogie Montessori expliquée aux parents, Eyrolles 2011, de Charlotte Poussin)

Tous les concepts sont introduits par la leçon en trois temps une fois que l’enfant a abordé le concept lors d’une expérience concrète. Cette leçon joue un rôle dans l’acquisition du langage. Elle permet de nommer les perceptions, de les conceptualiser. Elle aide l’enfant à s’approprier le langage qui  est un code culturel, auquel il se soumet progressivement, en 3 étapes:

 

Exemple de leçon en trois temps avec le matériel présentant les couleurs.

  1. Nommer la perception — C’est le temps de la nomination du concept– On propose un mot
    « Bleu ! C’est bleu ! » L’enfant répète : « Bleu ! » ; « Jaune ! C’est jaune ! » L’enfant répète; « Rouge ! C’est rouge ! » L’enfant répète.
    On veille à nommer la perception et non pas l’objet. On ne dit pas « la plaquette bleue » mais « bleu ».
  1. Demander à l’enfant de reconnaître la perception– L’enfant accepte le mot en montrant qu’il le comprend
    « Peux-tu me montrer bleu ? » L’enfant montre du doigt. S’il se trompe, continuer pour lui permettre l’autocorrection.
  1. Demander à l’enfant la restitution de ce qu’il a acquis –L’enfant s’approprie le mot en le restituant et en l’utilisant
    « Qu’est-ce que c’est ? » L’enfant répond : « C’est bleu. »